LIVRE & COMPAGNIE
LIBRAIRIE CAFÉ LITTÉRAIRE
Belle-Île en mer
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Mercredi 8 juillet

FESTIVAL LIVRES JEUNESSE
"PARTIR EN LIVRE" FÊTE DU LIVRE POUR LA JEUNESSE
Avec le CNL Centre National du Livre & le Ministère de la Culture

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Samedi 13 juin à 17h

FÊTE de la LIBRAIRIE chez LIBER&CO !
📚
À Belle Île en Mer ce Samedi 13 juin la librairie Liber vous invite à la Fête de la Librairie Indépendante,

fête qui devait avoir lieu le 25 avril (autour de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur) dans plusieurs librairies partenaires en France et qui a été reportée en raison du confinement du printemps...

L’occasion de partager le plaisir de la lecture et l’ouvrage qui sera offert en cadeau aux lecteurs visiteurs de la librairie pour cette occasion : « À plus d’un titre », édité avec les éditions Gallimard, un livret-carnet pour lire et écrire…

Au programme : une journée du livre et de la lecture, pour tous, grands et enfants, en matinée à l’heure du marché et l’après-midi spécialement pour les juniors à l’heure du goûter, dans la librairie-café littéraire et son jardin, face à la mer…

10H30-12H30
17H-19H

Entrée libre Librairie Liber📚

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LIVRE & COMPAGNIE
 Mercredi le 15 août 2012 
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La Librairie Liber & Co vous invite à une Conversation sur les îles en compagnie du philosophe Hubert Damisch et de quelques-uns de ses amis.
Leur conversation s'appuiera sur le dernier ouvrage d'Hubert Damisch, Le Messager des îles,
paru en avril 2012 aux Editions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIème siècle et disponible à la librairie.

Si vous désirez assister à cette soirée, c'est avec plaisir que nous vous accueillerons.
Pensez à nous informer de votre présence auprès de la
Librairie Liber & Co
2, Rue des Remparts
56360 Le Palais
02 97 31 82 41
liberandco@gmail.com

Et pour ceux qui le souhaitent la rencontre se prolonge, vers 21 heures 30, par un dîner.
(renseignements et réservation au même endroit)

Ci-joint l'article sur Le Messager des îles paru dans l'édition du journal Le Monde du 22 juin 2012.

L'ARCHIPEL DAMISCH

Philosophe des arts, Hubert Damisch a écrit sur la peinture, le cinéma, la photo... Et aujourd'hui sur lui-même, à travers un texte tissé de souvenirs et de fictions

Comment, dans un labyrinthe, ne pas espérer trouver un fil d'Ariane ? Parmi les multiples échos, correspondances, évocations, passages fantomatiques de souvenirs et de rêves qui forment la matière des trente-six textes apparemment hétéroclites du Messager des îles, la référence, dans le treizième fragment, au premier livre important d'Hubert Damisch, Théorie du nuage (Le Seuil, 1972), apaise d'abord le lecteur, qui croit enfin comprendre où il se trouve. Que le grand philosophe des arts (né en 1928), au moment d'achever son oeuvre, veuille se retourner sur elle et en boucler la boucle, atténue un peu la surprise que procurait cet étrange objet, où fiction, théorie, autobiographie conspirent, en se mêlant continûment, à nous égarer. Voici le lecteur revenu en terrain connu.

L'illusion sera de courte durée. Hubert Damisch a précisément en horreur les boucles qui se bouclent et telle est la place centrale qu'occupe la figure des îles dans sa pensée : trouées dans le continu, elles sont le signe de l'impossible achèvement du réel en un tout. « Le monde ne serait pas ce qu'il est, ni l'art ni la pensée, sans la ponctuation et la profondeur de champ qu'y introduisent les îles, dans toute leur diversité et leur insubmersible distance. » Le réel, totalisé et totalisant, unissant toute chose sous son empire, est « un cauchemar dont on a conscience qu'on ne s'éveillera pas » : penser aux îles, penser les îles ou, plus précisément encore, penser à partir des îles est pour Hubert Damisch un recours incomparable, « un remède contre l'anxiété ». Les îles offrent à l'esprit une image de sa souveraineté, de l'aisance de sa vie propre, un éveil, même furtif, à une autre dimension du monde, où la pesanteur du « trop de réalité », pour reprendre l'expression d'Annie Le Brun, cesse de contester à l'homme sa liberté intérieure.

Il est heureux, en définitive, que le lecteur s'égare en chemin : c'est un chemin qui ne va nulle part, et qu'il doit apprendre à suivre pour le plaisir de la marche, de l'errance, des rencontres de hasard qu'il peut y faire. Ce livre n'est pas un livre sur les îles, c'est une île, ou un archipel, et il faut se laisser guider par l'auteur dans ce paysage luxuriant. Hubert Damisch y a rassemblé, outre de très belles pages sur sa jeunesse (la guerre, l'appel du 18 juin, entendu en direct, la Résistance...), beaucoup de ce qui semble avoir fait, au long de sa vie, l'objet de ses délectations, et d'abord les oeuvres aimées, tableaux (fort peu, comme si après tant de travaux sur l'art, il était temps de faire droit à tout le reste), films, livres, opéras. On y croise Wagner et Terrence Malick, Pynchon et Proust, Coppola et Aristote. Shakespeare revient à intervalles réguliers ; La Tempête se révèle progressivement comme l'axe imaginaire et poétique du livre.

Refuge

S'il n'était cependant que cette sorte de précipité des goûts et des pensées d'un homme de grandes culture et profondeur, ce Messager des îles, pour être un livre d'une merveilleuse richesse, ne toucherait pas autant qu'il le fait. Mais l'archipel, à mesure qu'il se dessine, c'est-à-dire se complique, ajoutant forme après forme de nouveaux détours à son tracé, laisse apparaître comme un discours intime, que la pudeur d'Hubert Damisch confine dans le secret, mais qui n'en émeut que plus vivement. Ce qu'il transmet à travers ces pages, ce n'est pas un message, mais bien le messager. C'est Hubert Damisch lui-même qui est l'archipel, et les archipels peuvent être engloutis, s'effacer de la surface des mers : une menace hante le livre, qui lui donne un étonnant pouvoir de fascination.

De cette menace, les courtes fictions, bribes énigmatiques d'un récit que l'auteur s'amuse à estomper, se font l'écho d'une manière de plus en plus insistante. Des soldats envahissent les îles, leurs habitants, pour des raisons mystérieuses, sont obligés de fuir, un homme est emporté par une vague... L'île est un refuge pour le bonheur de vivre, où l'on peut rassembler ce que l'on aime, séparé de l'horreur du monde. Mais aucun abri n'est sûr. Un jour, l'ennemi débarque, et c'en est fini de la vie idéale, et de la vie même. « La fenêtre s'ouvrit (...), sans nulle violence, et je m'éveillai. Il y avait là des gens qui me regardaient, par-dessus le mur, sous une pluie fine, sans mot dire. Des loups. »

Florent Georgesco





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